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Témoignages sur la dictature en Argentine et la solidarité reçue en France par les exilés
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TEMOIGNAGES


Des étudiants de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris ont participé, dans le cadre de leur cursus, à un "projet collectif" proposé par la Mission de Coordination pour les Droits de l'Homme du Ministère des Affaires Etrangères. L'objet en était de nourrir la réflexion que ce service conduit, sous la direction de l'Ambassadeur pour les Droits de l'Homme, Mr. Michel DOUCIN, sur les conditions d'exercice du droit d'asile en France, par une réflexion historique sur celles dont ont bénéficié les exilés argentins à partir de 1976.

L'ambassadeur ayant été sollicité par le gouvernement argentin, en la personne du sous-secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme d'Argentine, Mr. Rodolfo MATAROLLO, pour contribuer au travail de mémoire organisé à l'occasion de la commémoration du 30e anniversaire du coup d'Etat intervenu le 24 mars 1976 à Buenos-Aires, une série d'initiatives a été lancée en France, dont le projet d'étude de ces étudiants a fait parti.


Entre 1974 et 1983, selon les estimations les plus crédibles, 3000 argentins sont arrivés en France, dont 900 ont bénéficié du statut de réfugié octroyé par l'Office Français des Réfugiés et Apatrides (OFPRA).
Les exilés arrivant devaient trouver un logement correspondant à leurs nécessités et une école assez flexible pour permettre l'intégration de leurs enfants ne parlant pas encore la langue française et en situation d'instabilité émotionnelle.


Ces deux entretiens ont été menés par Nicholas Zylberglajt au domicile des interviewés.


Les conditions de départ et d'arrivée des exilés argentins ont été très diverses, de même que leur degré d'implication dans les réseaux de solidarité en France.
A son arrivée en France, Ana GRENET a été confrontée à une série de difficultés pratiques qu'elle a dû résoudre rapidement, comme par exemple la recherche d'un logement et l'apprentissage de la langue afin de pouvoir s'intégrer et vivre normalement au quotidien. Une solidarité s'est alors mise en place au sein du Conseil Général des Hauts-de-Seine où Ana travaille encore aujourd'hui en tant qu'assistante sociale.


Très tôt après le coup d'Etat en Argentine, de nombreux professionnels du droit se sont mobilisés en France. L'Association internationale des juristes démocrates a ainsi rapidement envoyé l'un de ses membres en Argentine pour élaborer un rapport et faciliter les contacts entre juristes et avocats afin de leur fournir assistance. Nuri ALBALA, alors jeune avocat, a ainsi effectué une première mission d'observation en 1976.
En France, la coopération et l'entraide entre avocats et juristes, français et argentins, a conduit à la création du GAAEF, le Groupe d'Avocats Argentins Exilés en France, qui jusqu'en 1983 s'est employé à récolter et à diffuser de l'information sur les cas de répression en Argentine.


L'ambassadeur a été sollicité par le gouvernement argentin, en la personne du sous-secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme d'Argentine, M. Rodolfo MATAROLLO pour contribuer au travail de mémoire organisé à l'occasion de la commémoration du 30e anniversaire du coup d'Etat intervenu le 24 mars 1976 à Buenos Aires, à travers une série d'initiatives lancées en France.

Rencontré en mai 2005 par l'Ambassadeur M. Michel DOUCIN, M. Rodolfo MATAROLLO vient alors d'être nommé par le gouvernement argentin Secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, avec les encouragements reconnaissants de ceux qui ont été ses compagnons d'exil en France, comme le témoignent de nombreux interviewés dans cette série d'entretiens. Il revient ici sur ses premiers engagements en faveur des droits de l'homme en tant qu'avocat et défenseur des prisonniers politiques et sur ses combats auprès des organismes internationaux.
Il analyse, 30 ans après le coup d'Etat, ce qu'il appelle "le moment fondateur que l'Argentine est en train de vivre", ainsi que l'engagement du président Nestor KIRCHNER dans la défense des droits de l'homme.


Alejandro MAUDET est vice-président de l’Observatoire de l’Argentine contemporaine, une association française qui promeut la production de connaissances fondamentales sur la société argentine contemporaine dans tous les domaines des sciences humaines et sociales.
Dans cet entretien, il revient sur son exil et sur les événements liés à son départ d’Argentine. Il nous fait partager une réflexion plus large sur l’histoire de l’Argentine et sur les enjeux posés par la situation politique, économique et sociale de ce pays.


L’artiste argentine Julieta HANONO, qui vit aujourd’hui à Paris, fut emprisonnée durant la dictature, entre 1977 et 1979, dans la ville de Rosario. Des années plus tard, elle décide de partir filmer « El Pozo », le lieu de détention où sa vie a soudainement basculé. C’est donc une vision d’artiste qu’elle pose sur son expérience. Son témoignage évoque avec intimité, les relations entre l’art et la politique, entre le Soi et la souffrance.


Le témoignage d'Alain DANTOU, militant associatif aujourd’hui à la retraite, revisite la création et les activités du COBA, le Comité pour le Boycott de la Coupe du Monde de Football en Argentine de 1978.
Le COBA a organisé des actions visant la Fédération Internationale de Football, créant même un journal pour l’occasion. Et si après le Mondial le COBA s’est dissout, la mobilisation, elle, ne s’est pas arrêtée.


Diana QUATROCCHI-WOISSON, est arrêtée un 1er mai à l'âge de 19 ans alors qu'elle participe à une grève d'ouvriers métallurgistes. Elle témoigne à la fois avec un regard d'historienne, mais aussi avec celui de quelqu'un qui a vécu l'exil de l'intérieur.

C'est le réseau des droits de l'homme qui est intervenu pour la libération de Diana Quatrocchi-Woisson, soutenue par le parrainage d'un groupe d'Amnesty du sud de la France. Car en effet, Amnesty International a parrainé, à Paris et en Provence, de nombreux militants et prisonniers argentins jusqu'à leur arrivée en France. Par ses moyens habituels (lettres, communiqués...) Amnesty œuvrait d'abord pour assurer la libération des prisonniers et la sécurité des militants des droits de l'Homme, et ensuite pour faciliter leur arrivée en France. Amnesty accompagnait leur intégration en leur trouvant des logements et en se portant garant pour leur premières cautions. Amnesty a également enquêté sur les violations et a marqué les esprits avec la publication de rapports sur les camps d'extermination argentins en 1980 et sur les disparus en 1981.


M. Pierre HENRY est directeur de France Terre d’Asile depuis 1997. Il n’occupait pas encore ces fonctions au moment de l’accueil des réfugiés argentins, mais il parle cependant volontiers de cette période dans laquelle l’association s'est particulièrement impliquée.

L’Etat français, qui après le coup d'Etat au Chili avait accepté de garantir à tout réfugié le droit à l'hébergement n'avait donc pas élaboré de politique spécifique pour les Argentins, et c'est France Terre d'Asile qui l'a alors incité à agir. Depuis 1973, France Terre d’Asile est chargée d’assurer la coordination du Dispositif National d’Accueil (DNA) par convention signée avec le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité. Elle tient le secrétariat de la Commission nationale d’admission (CNA) et organise l’acheminement des demandeurs d’asile et des réfugiés du premier lieu d’accueil vers le centre de transit, le CADA ou le CPH.

En 1974, l’association obtient l’autorisation, à titre provisoire et expérimental, d’accueillir des demandeurs d’asile de toutes origines dans des centres de la région parisienne au titre de l’asile social. Le décret du 15 juin 1976 modifie l’article 185 du code de la famille sur les bénéficiaires de la prise en charge sur fonds d’Etat au titre de l’action sociale et confirme l’extension de l’asile à tous les réfugiés, ce qui devient alors un droit.


L’arrivée des exilés argentins a favorisé la constitution de réseaux de solidarité en France. La dénonciation de ces violations entendait éveiller un intérêt pour la cause argentine au sein de la société française en particulier, et dans le monde occidental en général.

Marie-Pascale CHEVANCE BERTIN, avec un groupe d’amis, est à l’origine de la création du Centre Argentin d’Information et de Solidarité (CAIS).


Carlos SCHMERKIN, est arrêté en 1975 alors qu’il est responsable d’une imprimerie clandestine. D’origine juive, il bénéficie du soutien de l’Ambassade d’Israël et est placé en liberté surveillée. En septembre 1979, Carlos peut quitter l’Argentine et s'envole alors vers la France rejoindre sa femme et son fils . Il va intégrer la branche française de son organisation politique et co-fonder l’Observatoire de l’Argentine Contemporaine.

Il est l’auteur d’un livre, La Colombe Entravée, composé de récits écrits en prison entre 1975 et 1979.


José Eduardo WESFRIED, travaille aujourd’hui pour l’association France-Amérique Latine.
Le coup d’Etat chilien du 11 septembre 1973 a provoqué un fort courant de sympathie envers la cause chilienne, en particulier à gauche. Dès lors, l’importante médiatisation qui a accompagné les événements a permis de faire connaître le sort des réfugiés et a incité au développement des réseaux de solidarité sur le sol français. Les Argentins ont ainsi par la suite bénéficié des réseaux constitués pour les Chiliens qui se sont alors eux-mêmes mobilisés pour la cause argentine.


Liliana GONZALEZ arrive en France alors qu'elle fuit l'Argentine avec son mari. Installée dans la ville de Bougival, ainsi qu' un groupe d’une dizaine d’exilés argentins, ils trouvent une aide cruciale chez la famille Gómez, installée en France après la guerre civile espagnole.

Les Gómez les ont aidés, matériellement mais aussi psychologiquement, les invitant par exemple à dîner ou à passer les fêtes de Noël chez eux. Ayant chacunes connu l'exil, la solidarité a rapproché ces familles.


L’exil des Argentins en France débute en 1974, mais prend des proportions beaucoup plus importantes à partir du coup d’Etat en 1976. Les conditions de départ des victimes de la répression ont été, tout comme l’expérience de l’exil en soi, très diverses.

Une grande partie des Argentins qui vivaient déjà dans la clandestinité dans leur pays se sont déplacés jusqu’à Puerto Iguazú, comme Alberto PETRILLO et sa famille, pour atteindre le Brésil par voie terrestre. Une fois arrivés dans ce pays, notamment à Rio de Janeiro, ils contactaient des réseaux et/ou les services du Haut-Commissariat aux Réfugiés pour organiser leur départ vers différents pays d’accueil, optant souvent pour la première opportunité qui se présentaient.


Jeune militant, Philippe LORINO fonde en 1975 le Comité de Soutien aux luttes du Peuple Argentin (CSPLA), dès son retour d’Argentine où il était parti en tant que coopérant. Cette organisation militante s’insère dans un réseau à vocation politique, qui, sans défendre de parti politique en particulier, s'oppose fortement au régime militaire.

A ses débuts, le Comité compte quelques membres venant d’horizons très différents dont certains politiquement engagés. Le CSLPA s’est attaché, bien avant le coup d’Etat, à informer sur les tensions présentes en Argentine. Il a ainsi publié des articles qui combattaient, en France, les idées reçues sur le Péronisme. Après mars 1976, le CSLPA dénonce la répression en organisant différents événements, aide à faire sortir des personnes d’Argentine et organise l’envoi d’argent à des opposants clandestins restés dans le pays.

A l'automne 1977, le CSLPA crée le COBA (Comité pour le Boycott de la Coupe du Monde de Football en Argentine), en liaison avec des professeurs de sports militants d’extrême-gauche, responsables de la revue « Quel Corps » qui critiquait l’institution sportive.


Henryane de CHAPONAY s’est impliquée toute sa vie - professionnellement mais aussi personnellement - dans le développement et la lutte sociale à travers les réseaux associatifs catholiques. Le CCFD (Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement) dont elle faisait activement partie, mais aussi de nombreuses associations et institutions partenaires, ont mené de multiples actions en faveur des victimes de régimes politiques autoritaires, notamment au Maroc, au Brésil, au Chili et en Argentine, ce dont elle témoigne dans cet entretien. Son profond engagement lui permet une vision critique, géopolitique et économique sur les conséquences sociales d’une partie de l’histoire de ces pays.


Frida ROCHOCZ livre un témoignage très intime sur sa vie. Appartenant à une famille de militants très engagés, elle subit la dictature au quotidien, jusqu’à son exil en 1977. Elle est elle-même arrêtée, puis torturée par méprise. Sa mère l’envoie alors en Hollande, d’où elle rejoint par la suite l’Allemagne, pays de son père, où elle finit par obtenir la nationalité allemande. Alors « européenne », elle finit par s’installer à Paris où elle débute petit à petit une nouvelle vie. En 1987, elle retourne pour la première fois en Argentine et connaît le besoin de prendre du recul afin de mieux comprendre sa vie. Des années plus tard, elle revient sur les moments douloureux de son histoire pour témoigner. Elle conclut cet entretien en parlant de ses enfants et de la question de la transmission d’un tel vécu, de Paris et des réfugiés argentins, de la qualité des institutions françaises et de la démocratie.


Antoinette LANGLOIS et Marguerite BILSTEIN appartenaient au groupe la Fraternité de Foucauld -un groupe de réflexion qui s’inspire de l’Evangile - dont une partie des membres a créé l’association GAS (Groupe Accueil et Solidarité) en 1979. Leurs actions se sont étendues à toute l’Amérique latine, au Sud-est asiatique et à l’Afrique. L’engagement de toute une vie pour la défense du droit d’asile leur permet dans cet entretien de témoigner sur l’histoire du développement des associations de solidarité et sur l’ «ouverture au monde » qu’elles ont connue grâce au militantisme.


Au début des années 1980, Francis Gely entreprend à Paris III une thèse sur l’INCUPO (Instituto de Cultura Popular). En 1992, il rencontre Adolfo Pérez Esquivel, artiste argentin engagé et Prix Nobel de la Paix, dont il deviendra le traducteur et l’ami. Adolfo Pérez Esquivel est l’un des créateur du SERPAJ (Servicio Paz y Justicia) qui a développé une grande campagne internationale pour dénoncer les atrocités de la dictature militaire argentine et lutte plus généralement pour la défense des Droits de l’homme. Dans cet entretien, Francis Gely témoigne également de ses activités avec l’association « Vie Nouvelle » en faveur des réfugiés chiliens, du manque d’information durant la dictature argentine ainsi que de la médiatisation ultérieure. Il évoque le documentaire de Marie-Monique Robin « Escadrons de la mort, l’école française ».


Jeune prêtre ouvrier, Michel GROLLEAUD fait son service militaire à Madagascar et s’engage très vite dans les mouvements internationaux d’Action non-violente après une reprise d’étude à l’EHESS. Il rappelle dans cet entretien les deux principaux évènements qui ont compté dans l’émergence des dictatures : la victoire du castrisme en 1959 et le coup d’état au Brésil en 1964. Il raconte également la naissance de l’agence DIAL (Diffusion de l’Information sur l’Amérique latine), l’importance de la personnalité de son président Charles Antoine, le réseau de correspondants qui se constitue dans tous les pays d’Amérique latine et le rôle qu’a joué l’agence DIAL dans la dénonciation des répressions politiques et les violations des Droits de l’homme. Dans un deuxième temps, Michel Grolleaud raconte sa rencontre avec Adolfo Pérez Esquivel et témoigne sur l’arrestation et la détention de celui-ci. Il fait part des conditions dans lesquelles le prix Nobel a été remis à Esquivel, ce qui l’a conduit à être reçu par le Pape, lui permettant ainsi de communiquer plus amplement sur la situation en Argentine. Enfin, Michel Grolleaud évoque la pauvreté en Amérique latine et dénonce la responsabilité des Etats-Unis. Il rappelle les grandes forces géopolitiques mondiales depuis 1954 en lien avec l’Amérique latine et la solidarité internationale qui s’est organisée pour venir en aide aux populations.
 








Dernière mise à jour le 29/06/2016
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