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 Définition de la sémiotique de l'écriture |
 Yves Jeanneret définit la sémiotique de l'écriture comme un champ de recherche dans lequel on peut retrouver différentes façons de regarder l'écriture. Il est sourtout intéressé par le lien qui existe entre langue et pensée, entre sémiotique et technique. Historiquement, la sémiotique de l'écriture s'est développée par réduction de l'écriture à la langue: il s'agit donc d'un espace de recherche qui s'est ouvert sur la base d'une polémique. |
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 Définition de l'écriture |
 La notion "écriture", observe Yves Jeanneret, toujours dans la culture occidentale coïncide avec l'écriture alphabétique. Il définit l'écriture, inspirée par la recherche et la pensée d'Anne-Marie Christine, comme un objet ouvert qui correspond aux différentes modalités utilisées par les hommes pour représenter le langage dans l'image. |
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 L'écriture comme médiation de la pensée |
 Yves Jeanneret affirme que l'écriture permet une médiation technique de la pensée, c'est une dimension de la trace plutôt que du signe : l'écriture est la construction d'un objet et l'objet comporte des traces. Il propose donc de penser la sémiotique de l'écriture comme une relation entre trois approches : l'écriture comme matière signifiante, l'écriture comme processus, l'écriture comme ressource intellectuelle. |
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 Le formatage de la pensée |
 En suivant la pensée de Roger Chartier, Yves Jeanneret soutient que l'objet écrit préfigure ce qui peut advenir dans la communication. L'écriture est une communication médiatisée par la fabrication. Ce qui est très différent de la parole qu'il définit comme "communication continue". La communication dans l'écriture s'incarne en tant qu'objets matériels qui vont se séparer et comporter dans leurs formes les conditions d'usage. On peut donc parler d'un "engagement corporel" aussi bien dans l'écriture que dans la lecture. |
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 L'écriture à travers la philosophie de Jacques Derrida |
 Yves Jeanneret nous explique que l'on retrouve dans la pensée de Jacques Derrida une ouverture à une philosophie de la trace. Inscription et parcours étaient au centre des ses intérêts. Sa pensée permet de réhabiliter l'extériorité, la dissémination : c'est le travail inverse de celui de la recherche de l'"origine", qui a été toujours dominant avec la linguistique de la parole. Cet intérêt pour la destinée sociale des objets se réfléchit bien dans le modèle déconstructionniste. Le geste de déconstruction peut montrer la dynamique, les tendances qui traversent le texte, et ne sont pas seulement réductibles à son intentionnalité et sa cohérence. |
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 La démarche structurale par rapport à l'héritage linguistique |
 La question du structuralisme est très différente de la question de l'impérialisme linguistique. La théorie de Hjemslev démontre que la recherche du plan du contenu et du plan de l'expression peut être élargie en dehors de la langue. La pratique structurale reste, selon Yves Jeanneret, une pratique nécessaire : il faut toujours reconnaître, comme R.Barthes et P. Fabbri, que les systèmes sémiotiques sont flexibles, ouverts mais également fixés. |
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 Le rapport entre la langue et les autres systèmes de signes |
 Le rapport particulier entre codification et perception mobilisé par l'écriture ne peut être décrit à travers les catégories utilisées pour la langue. Yves Jeanneret critique l'hégémonie de la langue attribuable à la linguistique structurale. |
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 Visés de la sémiotique |
 Yves Jeanneret critique la volonté démesurée chez certains sémioticiens de rapporter à un modèle unique du parcours de sens beaucoup de choses assez hétérogènes. En particulier, il se réfère à A. J. Greimas, en observant qu'il existe des textes dans lesquels l'"iconique" est aussi important que la structure narrative. |
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 L'analyse sémiotique vue à travers d'autres disciplines |
 Yves Jeanneret soutient que toutes les sciences sociales étudient la vie des signes et que tous les chercheurs sont aussi des "sémioticiens". Il est intéressé surtout au dialogue entre anthropologie et sémiotique qui pensent à la vie des signes d'une manière antithétique. En particulier, il critique le fait que les sémioticiens ne peuvent s’empêcher de chercher les systèmes des signes sur le fond d’un contrat, d'une convention. |
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 La fixité de l'objet écrit |
 Yves Jeanneret, en rappelant l’idée de la fixité du texte que Barthes voulait toujours briser pour faire fonctionner son ouverture, soutient que c'est cette même matérialisation (fixité) qui permet justement son ouverture vers différentes interprétations selon plusieurs usages et contextes. |
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 L'écrit informatisé |
 L'écrit d'écran est un objet qui s'offre à plusieurs usages, nous explique Yves Jeanneret, il est donc légitime de le construire à travers différentes approches en tant qu'objet empirique et théorique. Yves Jeanneret est surtout intéressé au rapport entre sémiotique et technique qui s'établit à travers la matérialité visuelle de l'écriture aussi bien qu'aux possibilités offertes par l'informatique à la circulation et à l'appropriation sociale des textes. |
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 L'approche par l'hypertexte dans la réflexion de l'écriture infomatique |
 Yves Jeanneret explique que l’approche par l’hypertexte a été dominant dans la première réflexion sur l’écriture informatique. Cette réflexion était basée sur l’opposition entre texte et hypertexte, fermeture et ouverture, rigidité et flexibilité. L'antithèse entre texte et hypertexte est devenue très vite une catégorie à la fois descriptive, normative et poétique. |
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 L'organisation de la sémiotique visuelle |
 Selon Yves Jeanneret, il est possible de retrouver le sens de ce qu’on entend par manipulation, interprétation, qualification, etc. La sémiotique visuelle fournit le cadre général dans lequel on lit l’organisation de tous les autres éléments sémiotiques comme l’écrit d’écran, qui définit la sémiotique de l’organisation des signes sur l’écran, ou le texte de réseau qui décrit le type de production textuel que l'on pluralise avec cette sémiotique (surdétermination de la sémiotique visuelle). Il cite l’exemple de la recherche d’une jeune doctorante, Sarah Label, qui travaille sur les transformations médiatiques affectant la ville et la matérialité urbaine avec toutes les implications de l’injonction à produire une ville virtuelle, une ville "numérique". |
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 La recherche sur la mémoire et l'écriture informatisée |
 Yves Jeanneret travaille avec une équipe intéressée au rapport entre mémoire et écriture informatisée, il propose de poser la question en termes de mémoire pris au sens de trace, comme texte et comme usage par rapport au support informatique. |
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 Architexte et stéréotype |
 Yves Jeanneret s’interroge sur de la nature de l’architexte informatique (logiciel de chat, moteur de recherche) par rapport à la définition de "stéréotype". L’architexte n’est pas stable, il se reproduit toujours en se transformant. La dynamique entre code social, pratique culturelle et inscription matérielle est au centre de la question sur sa plasticité.
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 Architexte et genre |
 Yves Jeanneret considère l’écriture de l’architexte comme un processus qui légitime toujours la convocation des genres, c'est-à -dire qu'au travers de la lecture et de la manipulation des objets informatiques, l'écriture de l'architexte vient toujours reconvoquer un passé plutôt qu’un autre, différents genres, divers dynamiques qui peuvent être décrits en termes sociopolitiques. |
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 Architexte et société |
 Yves Jeanneret définit un appareillage technique d’une énonciation éditoriale. En suivant Roger Chartier, on peut reconduire à l’automatisation du processus d’écriture. L’architexte est une écriture de condition d’écriture : on ré-écrit ce qui a déjà été écrit. Yves Jeanneret nous en donne quelques exemples à partir du développement historique de certains médias et de la liaison entre médias et pratiques sociales.
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