Les sujets de connaissance : L'organisation sociale d'un groupe, d'une communauté
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Riva Kastoryano nous explique que l'une des causes de la formation du nationalisme transnational consiste dans le rejet de l'immigré par la société de l'Etat d'immigration. Ceci entraîne une difficulté d'insertion, un manque de reconnaissance. L'immigré est, ainsi, poussé à se refugier dans des réseaux transnationaux où il trouve des références identitaires et qui lui apporte un soutien. Le chercheur donne également la définition du transnationalisme et les exemplifie la différence entre la diaspora et le nationalisme transnational.
- "Le radicalisme est beaucoup plus le maintien de la communauté, dans quelle mesure cette communauté ne fait pas partie du développement d’une nation embryonnaire localisée dans les banlieues, dans les quartiers ?".
- Un immigré qui habite Saint-Denis et qui n'arrive pas à s’intégrer, se réfugie dans les réseaux transnationaux qui bousculent le monde et où il peut s’identifier et trouver une place alors qu’il n’a pas pu bousculer sa présence en France.
De plus en plus on s’identifie ailleurs du lieu où on se trouve. Il faut jouer sur la rhétorique de l’identification, ce que le transnational fait à travers le rejet, l’humiliation, la guerre.
- "Transnationalisme est une sorte d’émergence des immigrés localisés mais sans territoire national. Est-ce que cela s’observe uniquement chez les immigrés musulmans ?".
- Non, j’essaye de développer l’idée de nationalisme de diaspora… Une diaspora, pour moi, c’est un peuple qui est dispersé avant l’Etat Nation. La communauté transnationale, qui est aussi une dispersion diasporique, est formée de populations qui partent de leurs Etats-Nations, territoriaux, souverains : par exemple, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, etc. Le nationalisme de diaspora a comme objectif de se créer un Etat. Le transnationalisme n’a pas cet objectif parce qu’il vient de l’Etat, il n’a pas de revendications territoriale, ses objectifs sont reconnaissance des minorités, droits culturels, autonomie personnelle, autonomie culturelle. Voilà les bases d’une communauté…
Les Juifs ne sont plus une diaspora mais une communauté transnationale car il existe un pays de référence : Israël. Idem pour les Arméniens qui ont, depuis le démantèlement de l’URSS, un Etat. Il s’agit donc d’une communauté transnationale arménienne qui a des revendications, même de reconnaissance historique (le génocide). Les Arméniens qui n’ont pas de revendications territoriales parce qu’ils ont déjà leur propre Etat, vont demander une reconnaissance historique liée à l’histoire de leur peuple et au fait qu’il existe un Etat arménien souverain.
Le nationalisme de l’immigration chinoise, indienne ou sikh à travers le monde est, pour moi, un nationalisme de diaspora. Les kurdes sont à la fois une minorité, une diaspora et une communauté transnationale, car ils ont comme référence l’Etat turc.